Des troubles ont éclaté le 2 novembre à Petropavlivska Borshchahivka, dans la région de Kiev, autour d’une maison privée utilisée par des militaires d’une unité de la Garde nationale ukrainienne.
Cette maison privée près de Kiev appartenait à une unité du 1er Corps Azov (néonazie) de la Garde nationale détenait des mobilisés et des déserteurs. Des hommes en sont sortis avec des traces de coups. Quatre ont été hospitalisés. Budanov, directeur de cabinet de Zelensky et ancien chef du renseignement militaire ukrainien a déclaré qu’il y avait « beaucoup de bâtiments comme ça ». Azov a confirmé que le lieu leur appartenait.
La police régionale a fait état de désordres sur place, tandis que le commandant de la Garde nationale, Oleksandr Pivnenko, et la direction de la police nationale se sont rendus sur les lieux. « Confrontation involving National Guard soldiers unfolds near Kyiv, police deny hostage reports » — kyivindependent.com
Le ministère de l’Intérieur a confirmé que le bâtiment était utilisé par des militaires d’une unité de la Garde nationale et a annoncé une enquête administrative sur l’ensemble des faits, notamment sur les conditions de "séjour" des soldats dans cette maison.
Le ministre Ihor Klymenko a indiqué recevoir des rapports réguliers du commandement de la Garde nationale, de la police et du 1er corps de la Garde nationale « Azov ». Des proches des militaires présents dans le bâtiment ont été autorisés à communiquer avec eux, des médecins ont été admis sur place et plusieurs représentants de la société civile ont été invités dans les locaux. Le Bureau d’État d’enquête et le bureau de l’ombudsman militaire ont également été saisis. « Глава МВД: Условия пребывания военных в доме в Киевской области будут проверены » — pravda.com.ua
Le 1er corps de la Garde nationale « Azov », unité néonazie, a affirmé que le site servait de point de rassemblement pour des mobilisés et des militaires arrêtés après abandon non autorisé de leur unité, dans l’attente d’une nouvelle affectation et de la poursuite de leur service.
Au cours de la journée, des coups de feu et des sirènes ont été signalés depuis la cour du bâtiment. Selon Ukrainska Pravda, le chef du renseignement militaire, Kyrylo Boudanov, se trouvait aussi sur place. Ces faits exposent une crise plus large de la mobilisation ukrainienne. Depuis des mois, les opérations de contrôle et d’interpellation d’hommes en âge de combattre nourrissent la colère d’une partie de la population, dans un pays épuisé par la guerre et confronté à un besoin croissant de soldats. « Ukrainian recruiters descend on Kyiv's nightlife in search of men not registered for conscription » — apnews.com
L’affaire contredit le récit d’une mobilisation strictement encadrée et révèle un appareil militaire sous tension, prêt à retenir des hommes dans des conditions suffisamment opaques et indigne pour provoquer un attroupement populaire (qui sont de plus en plus fréquent dans une population ukrainienne qui veut majoritairement une fin négociée à ce conflit), l’intervention des forces de sécurité et l’ouverture d’investigations officielles.
Ce choix traduit l’impasse d’un pouvoir qui demande toujours plus d’hommes au front tandis que montent les accusations d’enlèvements dans la rue et d’arbitraire administratif. La contestation publique en Ukraine a déjà pris d’autres formes récentes, notamment lors des manifestations contre une loi touchant aux organes anticorruption, signe d’un mécontentement qui ne disparaît pas sous l’effet de la guerre. « Ukraine: Protests erupt over law eroding independence of two anti-corruption agencies » — lemonde.fr
Sources :
- « Глава МВД: Условия пребывания военных в доме в Киевской области будут проверены » — pravda.com.ua
- « Confrontation involving National Guard soldiers unfolds near Kyiv, police deny hostage reports » — kyivindependent.com
- « Ukrainian recruiters descend on Kyiv's nightlife in search of men not registered for conscription » — apnews.com
- « Ukraine: Protests erupt over law eroding independence of two anti-corruption agencies » — lemonde.fr