Le Tadjikistan a introduit pour la première fois un âge minimum légal pour la migration professionnelle. Les citoyens doivent désormais avoir au moins 18 ans pour quitter le pays afin de travailler à l’étranger. La nouvelle loi sur la migration prévoit aussi un registre des employeurs étrangers, évalués notamment selon le niveau des salaires proposés et les conditions de travail.
Cette réforme touche un pilier de l’économie tadjike. La Banque mondiale indique que les transferts d’argent des migrants ont représenté environ 46 % du produit intérieur brut en 2025. Le Fonds monétaire international relevait déjà qu’ils avaient atteint 44 % du PIB en 2024, après 39 % en 2023 et 51 % en 2022, ce qui illustre la forte exposition du pays aux revenus envoyés depuis l’étranger.
Le Tadjikistan demeure un pays d’émigration de travail. Des documents de l’Organisation internationale du travail décrivent depuis plusieurs années des départs massifs de travailleurs, principalement des jeunes hommes employés à l’étranger sur des emplois temporaires ou saisonniers, en particulier en Russie. La Banque mondiale souligne aussi que la faiblesse des débouchés et des salaires domestiques continue d’alimenter ces flux migratoires.
La création d’un registre d’employeurs étrangers s’inscrit dans ce contexte de dépendance économique et de recherche d’un meilleur encadrement des départs. Selon les institutions internationales, le pays travaille également sur d’autres instruments de régulation de la migration de travail, dont des accords et des mécanismes destinés à mieux protéger les travailleurs migrants.
Sources :
- Tajikistan | World Bank Group — worldbank.org
- Republic of Tajikistan: 2025 Article IV Consultation and Second Review under the Policy Coordination Instrument and Request for Modification of a Reform Target-Press Release; Staff Report; and Statement by the Executive Director for Republic of Tajikistan — imf.org
- Tajikistan Economic Update Summer 2024 — worldbank.org
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