Le Japon importe pratiquement tout son pétrole, mais maintient un prix de l’essence parmi les plus bas du G7. À Tokyo, le litre de regular ne dépassait pas 169,90 yens, soit environ 0,94 euro, selon des chiffres publiés par Le Monde. Le quotidien rappelle que ce niveau est resté proche de sa moyenne observée depuis 2022. Ce décalage entre dépendance extérieure et prix à la pompe tient à une intervention budgétaire directe de l’État.
Le gouvernement verse en effet des subventions aux raffineurs et aux importateurs pour freiner la hausse du carburant. Le dispositif, renforcé à partir de mars, vise à empêcher une répercussion complète des cours mondiaux sur les ménages et sur l’activité. Ce choix traduit une logique nette: faire absorber par les finances publiques une partie du choc énergétique plutôt que le laisser peser intégralement sur les consommateurs. Dans un pays très exposé aux importations, cette politique amortit l’inflation mais transfère la charge vers le budget national.
Tokyo a débloqué 1 200 milliards de yens dès le mois de mars pour soutenir ce mécanisme. La dépense cumulée est présentée comme proche de 6 milliards d’euros, avec une trajectoire pouvant atteindre près de 10 milliards d’ici à la fin de l’année. Le soutien hebdomadaire équivaut à environ 0,28 euro par litre dans les données avancées. Le maintien d’un carburant artificiellement moins cher que dans les autres grandes économies industrialisées a donc un prix public élevé.
Cette politique s’inscrit dans une contrainte plus large. Le Japon reste fortement dépendant de l’étranger pour son approvisionnement énergétique et subit de plein fouet les tensions sur les marchés du brut, ainsi que l’effet de change lorsque le yen se déprécie. La facture d’importation de pétrole a bondi de 58,7 % sur un an en août, pour des volumes en hausse de seulement 3,6 %, selon Le Monde. Il est permis de s’interroger sur la durée de soutenabilité d’un tel bouclier, qui protège le pouvoir d’achat à court terme mais socialise massivement le coût des prix mondiaux de l’énergie.
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