Crise chez Grasset : départ d’Olivier Nora et vague inédite de retraits d’auteurs après l’arrivée de Boualem Sansal

Le départ d’Olivier Nora de la présidence de Grasset, officialisé le 14 avril, déclenche une crise majeure. Plus d’une centaine d’auteurs annoncent quitter la maison, sur fond de tensions liées à l’arrivée de Boualem Sansal et à la gouvernance du groupe Hachette.

Crise chez Grasset : départ d’Olivier Nora et vague inédite de retraits d’auteurs après l’arrivée de Boualem Sansal
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Le départ d’Olivier Nora, président des éditions Grasset depuis 2000, a été officialisé le 14 avril par le groupe Hachette Livre. Après vingt-six ans à la tête de la maison, cette éviction marque une rupture brutale dans l’histoire récente de cet acteur majeur de l’édition française.

Selon plusieurs sources concordantes, cette décision intervient dans un contexte de désaccords avec la direction du groupe, notamment autour de l’arrivée de l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal. Celui-ci a rejoint Grasset en mars, après avoir quitté Gallimard, son éditeur historique. Si aucun lien direct n’a été formellement établi par le groupe, cette arrivée est présentée comme un élément de tension interne.

Dans les jours qui ont suivi l’annonce, la contestation s’est rapidement structurée. Une lettre collective signée par plus d’une centaine d’auteurs — 115 selon l’AFP, jusqu’à 140 selon d’autres sources — annonce leur départ de la maison. Les signataires dénoncent un licenciement perçu comme une remise en cause de l’indépendance éditoriale.

Parmi eux figurent plusieurs auteurs majeurs du catalogue, dont Virginie Despentes, Bernard-Henri Lévy, Frédéric Beigbeder ou Sorj Chalandon. Tous indiquent qu’ils ne publieront pas leurs prochains ouvrages chez Grasset, fragilisant potentiellement l’équilibre éditorial et économique de la maison.

Dans leur texte, les auteurs expriment leur attachement à Olivier Nora, présenté comme une figure centrale de la cohérence éditoriale de Grasset. Ils mettent également en cause la gouvernance du groupe, propriété de Vivendi, contrôlé par Vincent Bolloré, évoquant des craintes sur l’évolution de la ligne éditoriale.

Le remplacement d’Olivier Nora est assuré par Jean-Christophe Thiery, dirigeant du groupe. Cette nomination intervient dans un contexte plus large de recomposition du secteur de l’édition, amorcée depuis la prise de contrôle d’Hachette Livre par Vivendi en 2023.

La crise ouverte chez Grasset, marquée par une mobilisation collective d’auteurs, constitue l’un des mouvements de contestation les plus significatifs observés dans l’édition française récente.

Sources

  • Le Canard Enchaîné
  • L’Express
  • Libération
  • AFP
  • Le Parisien

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