Cuba étranglée : le siège américain et la solidarité des peuples

Cuba est asphyxiée à petit feu. Pétrole, finances, alimentation, médicaments... Washington dégrade gravement la vie des civils et fait du blocus une arme politique. Face au silence occidental devant ce crime, du Mexique au Brésil et au Pays basque, la solidarité populaire s’organise.

Cuba étranglée : le siège américain et la solidarité des peuples
Les premières victimes de l'embargo extrême des Etats-Unis sont les enfants et bébés de Cuba où la mortalité infantile est en hausse © Jorge Luis Baños/The New York Times/REA
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Il a des guerres qui ne disent pas leur nom. Pas de bombardements sur La Havane, pas de divisions américaines débarquant sur les plages, pas de déclaration de guerre votée à Washington – même s'il y a eu le débarquement raté de la Baie des Cochons, deux attaques chimiques, une attaque bactériologiques, des dizaines d'attentas et tentatives d'assassinat [Fréquence Populaire reviendra sur ce macabre historique dans un article dédié. NDLR].
Il y a maintenant et de longue date une méthode plus lente, moins spectaculaire et, pour cette raison même, beaucoup plus facile à dissimuler : empêcher un pays de commercer normalement, interdire les approvisionnements en médicament menacer ceux qui lui vendent du pétrole, bloquer ou compliquer ses transactions financières, tarir son approvisionnement énergétique et attendre que les centrales électriques s’arrêtent, que les transports se paralysent et que les hôpitaux manquent de médicaments... en un mot que la population cubaine paye et souffre le plus possible.
C’est aujourd’hui la réalité cubaine et c'est un crime contre l'humanité face auquel beaucoup se voilent la face.
Le 29 janvier 2026, Donald Trump a franchi une nouvelle étape en signant l’Executive Order 14380. Le texte déclare officiellement que Cuba constitue une « menace inhabituelle et extraordinaire » pour la sécurité nationale des États-Unis et autorise l’administration américaine à imposer des droits de douane supplémentaires aux produits provenant de tout pays vendant ou fournissant, directement ou indirectement, du pétrole à Cuba.
Il faut mesurer l’extraordinaire disproportion contenue dans cette formulation. Cuba compte un peu plus de onze millions d’habitants, dispose d'une économie exsangue et ne possède évidemment aucune capacité militaire lui permettant de menacer sérieusement les États-Unis, ni ne le fait, ni ne le proclame – c'est même l'inverse depuis des décennies. Pourtant, Washington utilise la puissance militaire américaine, le dollar, son marché américain et l'inique extraterritorialité du droit américain pour placer les fournisseurs de Cuba face à la menace d'en payer le prix s'ils venaient à commercer avec l’île.
C’est l’utilisation de la puissance économique américaine pour tenter d’imposer cet embargo au reste du monde.

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