Le Sénat italien valide la reprise du nucléaire civil

Le Sénat italien a approuvé définitivement la relance du nucléaire civil, près de quarante ans après la fermeture des réacteurs. Le gouvernement Meloni veut miser sur des réacteurs modulaires et vise jusqu’à 22 % du mix électrique à l’horizon 2050.

Le Sénat italien valide la reprise du nucléaire civil
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Le Sénat italien a approuvé le 23 septembre la relance de la production d’énergie nucléaire, bouclant l’adoption d’un texte porté par le gouvernement de Giorgia Meloni. L’Italie avait fermé ses réacteurs après le référendum antinucléaire de 1987. Rome rouvre ainsi un dossier laissé en jachère pendant près de quatre décennies, au nom de la sécurité d’approvisionnement, de la décarbonation et de la baisse des coûts de l’énergie.

Le dispositif adopté délègue au gouvernement la rédaction, dans un délai de douze mois après l’entrée en vigueur de la loi, d’un cadre organique couvrant l’ensemble du cycle de vie de l’énergie nucléaire. Le texte vise explicitement les meilleures technologies disponibles, dont les réacteurs modulaires et avancés définis par l’Agence internationale de l’énergie atomique. L’exécutif défend une ligne désormais assumée : réintroduire l’atome comme appui aux renouvelables, mais aussi comme instrument de souveraineté industrielle et énergétique.

Le gouvernement met en avant un argument budgétaire central. Lors de la présentation de son plan, il a estimé qu’une part d’au moins 11 % de nucléaire dans le mix italien permettrait d’économiser 17 milliards d’euros de coûts de décarbonation d’ici 2050. Le Plan national énergie-climat italien retient un objectif d’au moins 11 % de la consommation électrique couverte par l’atome à cet horizon, avec une projection pouvant monter jusqu’à 22 % selon le niveau de déploiement retenu.

Ce choix traduit la volonté de Rome de réduire une dépendance énergétique encore lourde, dans un pays exposé au prix du gaz et aux importations d’électricité. Le pouvoir italien présente le retour du nucléaire non comme un simple pari technologique, mais comme une pièce de sa politique industrielle. La promesse est claire : moins de vulnérabilité extérieure, moins de coûts importés, davantage de maîtrise publique sur un secteur que les marchés de l’énergie ont rendu particulièrement instable.

La relance reste toutefois un projet de long terme. Le vote du Sénat fixe une orientation politique et un cadre législatif, pas encore un calendrier d’exploitation. L’enjeu se déplacera désormais vers les décrets d’application, le financement, la filière industrielle et l’acceptation publique d’un retour de l’atome dans un pays qui l’avait rejeté par les urnes.

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