L’Égypte, souvent citée ces dernières années comme point d’appui potentiel pour les approvisionnements gaziers de l’Europe orientale et méditerranéenne, voit sa position se dégrader. Reuters rapporte que BP étudie une cession de ses actifs gaziers dans le pays, dans le cadre d’un recentrage sur les activités jugées les plus rentables et d’une réduction de l’endettement.
BP est implanté en Égypte depuis plusieurs décennies. Le groupe y a investi 35 milliards de dollars en soixante ans et assure environ 60% de la production nationale de gaz, selon les éléments cités par Reuters. Un désengagement pèserait donc sur un secteur déjà fragilisé par le recul de la production et par la hausse des besoins domestiques.
Le pays a basculé en peu de temps d’une situation d’excédent à un recours aux importations de gaz naturel liquéfié. Le grand gisement offshore de Zohr, mis en production en 2017 et longtemps présenté comme le socle du redressement gazier égyptien, décline plus vite qu’anticipé. Cette baisse réduit les volumes disponibles pour l’exportation et alourdit la pression sur le marché intérieur.
Les autres pistes régionales restent incertaines. En Israël, les projets d’extension autour des champs de Leviathan et Tamar évoluent dans un contexte de risque de guerre qui freine les décisions d’investissement. À Chypre, la mise en production de nouveaux volumes commerciaux reste encore éloignée. Dans le même temps, Chevron poursuit son développement dans d’autres zones méditerranéennes, notamment autour de la Libye et de Malte.
Pour l’Europe, cette évolution réduit encore les marges sur un axe gazier méditerranéen déjà instable. L’Égypte dispose toujours d’infrastructures de liquéfaction et d’une position géographique utile entre Méditerranée orientale et marchés européens. Mais la baisse de sa production et l’incertitude sur les actifs de BP affaiblissent sa capacité à jouer un rôle durable de corridor gazier.
Sources :
- Reuters — reuters.com