La société RobotEra, basée à Pékin, affirme déployer son robot humanoïde L7 dans plus de dix centres logistiques exploités avec China Post, avec un fonctionnement présenté comme continu, 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. L’information circule notamment à travers une vidéo largement relayée en ligne.
À ce stade, les résultats de recherche disponibles confirment l’existence du L7 et la diffusion récente de contenus montrant ses usages logistiques, mais la formulation précise sur le nombre exact de sites et l’ampleur du déploiement n’a pas été retrouvée dans une publication officielle aisément accessible de RobotEra ou de China Post au moment de la vérification. RobotEra commercialise bien des robots humanoïdes et diffuse une documentation produit récente sur son site officiel.
Le L7 s’inscrit dans une séquence plus large d’industrialisation de la robotique humanoïde en Chine. Des médias chinois et internationaux décrivent depuis 2025 et 2026 la multiplication de centres d’entraînement et d’essais pour robots capables de trier des colis, scanner des codes-barres, manipuler des objets et intervenir dans des environnements logistiques proches des conditions réelles. People’s Daily rapportait ainsi le 28 avril 2026 qu’un grand centre d’entraînement de robots humanoïdes à Pékin reproduit notamment des hubs logistiques pour entraîner des machines à des opérations comme le tri de colis et la lecture de codes. Dans le même temps, l’Union postale universelle a souligné en avril 2025 l’ampleur du réseau de China Post et son orientation vers l’innovation technologique dans la distribution, en particulier dans la logistique rurale.
Cette dynamique rejoint le développement des « dark factories », ou usines dites sans lumière, où l’automatisation permet à des lignes de production de tourner avec très peu d’intervention humaine directe. Le terme désigne des installations fortement robotisées, parfois capables d’opérer en continu. Dans l’industrie manufacturière, cette logique gagne du terrain bien au-delà des seuls robots humanoïdes. L’International Federation of Robotics indique que la Chine occupait en 2023 la troisième place mondiale pour la densité de robots industriels, derrière la Corée du Sud et Singapour, avec 470 robots pour 10 000 salariés dans l’industrie manufacturière. Cette progression rapide traduit un effort soutenu d’équipement des usines et des entrepôts.
Le contexte démographique éclaire aussi cette accélération. Selon le Bureau national des statistiques de Chine, la population âgée de 15 à 59 ans s’élevait à 868,75 millions de personnes à la fin de 2025. Ce groupe d’âge, qui constitue le cœur de la population active potentielle, suit une tendance au recul observée depuis plusieurs années, tandis que la population totale chinoise diminue pour la quatrième année consécutive. Dans ce cadre, l’automatisation est souvent présentée comme un moyen de maintenir les capacités de production, de sécuriser les chaînes logistiques et de limiter la dépendance à une main-d’œuvre plus rare dans certains segments industriels.
L’idée selon laquelle Pékin chercherait, par anticipation, à compenser la contraction future de sa population active par la robotisation relève toutefois d’une analyse, et non d’une déclaration officielle unique explicitement formulée dans ces termes lors de la vérification. Les données disponibles permettent néanmoins d’établir un faisceau cohérent : montée rapide de la densité robotique, investissements dans l’intelligence artificielle incarnée, centres d’entraînement pour humanoïdes et recherche d’une production continue. Dans la logistique comme dans l’usine, la Chine semble ainsi traiter la robotisation non comme une expérimentation marginale, mais comme un levier industriel de long terme visant à préserver productivité, continuité d’exploitation et compétitivité.