Les conséquences économiques de la guerre du Golfe sur l’économie française

La guerre en Iran ne menace pas seulement les marchés des hydrocarbures, elle pourrait déclencher une crise systémique durable mêlant énergie, chimie, agriculture et inflation. Selon ces projections, la France entrerait dans deux années de récession, de pénuries et de forte hausse des prix.

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La guerre dans le Golfe va engendrer une crise importante, dont l’ampleur est très sous-estimée en France. Elle va se manifester par la combinaison d’une crise de l’énergie, d’une crise de la chimie (ensemble des produits dérivés du gaz et du pétrole) et d’une crise agricole spécifique engendrée par une forte hausse du coût des intrants (carburants et engrais, mais aussi produits d’emballage). Cette crise est appelée à durer, dans le meilleur des cas, au moins un an et demi et, plus probablement entre 2 ans et demi et 3 ans. La raison en est que, même si le trafic dans le détroit d’Ormuz était rétabli rapidement, la production pétrolière et gazière resterait très limitée du fait (a) des destructions induites par les frappes tant américano-israéliennes sur l’Iran que des frappes iraniennes sur l’ensemble des pays du Golfe et (b) du fait de la mise à l’arrêt des puits qui impliquent, en raison de la durée, des phénomènes importants de « sédimentation » qui rendront les opérations de restauration de la production lentes (environ 1 an et demi à 2 ans pour revenir au niveau de production d’avant-guerre) et coûteuses.

Nous présentons ici des estimations de l’évolution de l’activité économique en France, pour 2026 et 2027. Elles sont plus pessimistes que celles que nous avions fait circuler les 20-27 avril [Sapir J., « Interview dans l’hebdomadaire Vedomosti », document de travail, CEMI-CR451, 27 avril 2026].

I. Le choc inflationniste
Cette crise va se manifester tout d’abord par un choc inflationniste important, qui a déjà commencé à se manifester. L’indice des prix à la consommation (IPC) qui montrait une augmentation (en glissement annuel) de 0,8% en mars 2026 (passage de 0,9% en février à 1,7% en mars) va continuer à augmenter rapidement, si l’on prend comme exemple ce qui s’était produit en 2022 lors du début du conflit entre la Russie et l’Ukraine et l’imposition des premières sanctions.

Cette augmentation devrait être très importante car, à la hausse des prix de l’énergie, pour l’instant en partie contenue par la libération d’une partie des stocks stratégiques, viendra s’ajouter une hausse des prix agricoles et industriels.

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