L’Histoire m’absoudra

Il y a cent ans naissait Fidel Castro, géant politique du XXe siècle. De la Sierra Maestra à Cuito Cuanavale, il fit d’une petite île un symbole mondial de souveraineté, de résistance et de solidarité. Il prouva que la grandeur d’un peuple ne se pas à sa taille ou à sa richesse, mais à son courage.

L’Histoire m’absoudra
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« Condenadme, no importa. La historia me absolverá. » – Fidel Castro, Il s’agit du titre d’un discours de deux heures prononcé par Fidel Castro le 16 octobre 1953, lors de son procès après l’attaque de la caserne Moncada. Assurant lui-même sa défense, Castro transforma sa plaidoirie en réquisitoire politique contre la dictature de Batista et en programme révolutionnaire. Ce discours, connu sous le titre « La historia me absolverá » (« Condamnez moi, peu importe. L’Histoire m’absoudra »), devint ensuite le manifeste politique du Mouvement du 26-Juillet (M-26-7).

Il y a exactement un siècle, le 13 août 1926, naissait à Birán, dans l’Oriente cubain, Fidel Alejandro Castro Ruz. Il appartient désormais à l’Histoire. Non pas à cette histoire tiède où l’on range les anciens dirigeants une fois les passions éteintes, mais à celle des hommes qui ont infléchi le destin de leur pays et pesé sur celui du monde. Fidel Castro fut l’un des grands hommes d’État du XXe siècle. Un révolutionnaire devenu chef d’État sans cesser d’être révolutionnaire ; un stratège exceptionnel ; l’un des derniers géants politiques d’un siècle qui en produisit quelques-uns ; et surtout l’une des figures majeures de l’émancipation des peuples du Sud Global.

Il faut prendre la mesure de l’exploit. Fidel n’hérite ni d’un empire, ni d’une grande puissance industrielle, ni d’un pays disposant d’immenses ressources naturelles. Il prend en main le destin d’une île des Caraïbes située à moins de 200 kilomètres des côtes de la plus grande puissance économique et militaire du monde, les Etats-Unis. Une île de onze millions d’habitants, du sucre, du tabac, du rhum, des produits de la mer, un peu de nickel et de cobalt, quelques maigres, sans commune mesure avec celles des grandes puissances.

Et beaucoup de courage.

De cette île, Fidel Castro fera un pays dont l’influence politique, diplomatique, militaire, médicale, scientifique et intellectuelle sera absolument disproportionnée à sa taille. Il aura fallu pour cela quelque chose devenu extraordinairement rare en politique : une volonté.

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