RDC : l’épidémie d’Ebola dépasse 2 500 morts et poursuit sa progression

L’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo a dépassé 2 500 morts et continue de progresser à un rythme qualifié d’exponentiel par l’ONU. Partie de l’Ituri en mai, elle touche désormais six provinces et s’est aussi propagée en Ouganda voisin.

RDC : l’épidémie d’Ebola dépasse 2 500 morts et poursuit sa progression
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L’épidémie d’Ebola qui frappe la République démocratique du Congo depuis mai 2026 a franchi le seuil des 2 500 morts, selon les Nations unies. Le coordinateur humanitaire de l’ONU dans le pays, Julien Harneis, a décrit vendredi 21 août une propagation « exponentielle », alors que le nombre de cas continue d’augmenter rapidement dans plusieurs provinces.

La flambée avait été déclarée le 15 mai. Elle est provoquée par le virus Ebola du type Bundibugyo, moins fréquemment rencontré que le virus Zaïre à l’origine de plusieurs précédentes épidémies en RDC. Au 12 août, l’Organisation mondiale de la santé recensait 4 665 cas confirmés et 2 184 décès dans le pays, soit un taux brut de létalité de 46,8 %. Quelques jours plus tard, les données gouvernementales faisaient état de plus de 5 000 cas et de 2 378 morts.

Cette épidémie est désormais la plus importante jamais enregistrée en RDC par le nombre de cas et la plus meurtrière de l’histoire du pays. Elle a dépassé le bilan de l’épidémie de 2018-2020, qui avait causé 2 299 morts. À l’échelle mondiale, elle reste derrière la crise d’Afrique de l’Ouest de 2014-2016, qui avait fait plus de 11 000 morts.

La progression géographique constitue un autre motif d’inquiétude. Initialement concentrée dans la zone de santé de Mongbwalu, en Ituri, l’épidémie s’est étendue au Nord-Kivu, au Sud-Kivu, au Haut-Uélé, à la Tshopo puis au Bas-Uélé. L’OMS recensait au 12 août 54 zones de santé touchées dans six provinces. Le premier cas identifié au Bas-Uélé concernait une personne ayant voyagé depuis le Haut-Uélé.

La réponse sanitaire se heurte à plusieurs obstacles. L’insécurité persistante dans l’est du pays, les déplacements de population, les difficultés d’accès aux soins et les attaques contre les structures sanitaires compliquent la surveillance, l’isolement des malades et la recherche des contacts. L’OMS signalait également qu’une part importante des chaînes de transmission demeurait non identifiée, tandis que le financement de la riposte restait insuffisant.

Une nouvelle étape doit être franchie avec la mise à disposition de 70 000 doses du vaccin Ervebo annoncée le 20 août par l’OMS. Ce vaccin est homologué contre le virus Ebola Zaïre et non contre le virus Bundibugyo responsable de l’épidémie actuelle. Son utilisation doit donc notamment permettre d’évaluer une éventuelle protection croisée dans le cadre de la riposte et de protéger des personnels particulièrement exposés.

L’épidémie a également franchi les frontières de la RDC. Au 12 août, l’OMS recensait 20 cas confirmés en Ouganda, dont deux décès. Des cas importés ont aussi été signalés en France et en Allemagne, sans transmission durable identifiée hors de RDC à cette date. L’organisation juge le risque très élevé en RDC et élevé dans les pays voisins partageant une frontière terrestre avec elle.

Sources

  • OMS — https://www.who.int/
  • Reuters — https://www.reuters.com/

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