Le président américain Donald Trump a déclaré le 1er avril envisager « absolument » un retrait des États-Unis de l’OTAN, après le refus de plusieurs alliés européens de s’engager dans la guerre contre l’Iran. Ces propos, tenus dans plusieurs entretiens, marquent une nouvelle escalade dans les tensions transatlantiques.
Washington reproche à ses partenaires de ne pas avoir apporté de soutien militaire, notamment pour des opérations liées à la sécurisation du détroit d’Ormuz. Plusieurs capitales européennes ont décliné toute participation directe, certaines estimant ne pas être liées par les obligations de défense collective, le conflit n’ayant pas été déclenché dans le cadre de l’article 5.
Le président américain a qualifié l’OTAN de « tigre de papier », dénonçant une alliance qu’il juge déséquilibrée et dépendante des capacités militaires américaines. Il a également laissé entendre que les États-Unis ne pouvaient continuer à garantir la sécurité de pays refusant, selon lui, de « rendre » leur soutien en retour.
Ce choix traduit une remise en cause profonde du fonctionnement de l’alliance atlantique, fondée depuis 1949 sur un principe de solidarité militaire. Il est permis de s’interroger sur les conséquences d’une telle rupture : affaiblissement stratégique de l’Europe, fragmentation du bloc occidental, ou redéfinition des équilibres internationaux au profit d’autres puissances.
Sur le plan institutionnel, un retrait effectif reste encadré par le droit américain, qui impose une implication du Congrès. Mais la menace politique, elle, est immédiate et fragilise déjà la cohésion de l’alliance.