Le palais du Golestan, ancien complexe royal situé au centre de Téhéran et inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO, a été endommagé lors des frappes menées dans le cadre du conflit de 2026. Selon les premières évaluations, les dégâts proviennent notamment de l’onde de choc d’explosions à proximité : vitraux brisés, éléments décoratifs fragilisés, plafonds à miroirs touchés. Ce site, dont certaines parties remontent au XVIIe siècle, constitue l’un des ensembles historiques majeurs de la capitale iranienne.
L’atteinte à un monument classé intervient dans un contexte marqué par une rhétorique d’escalade. Avant les frappes, Donald Trump avait évoqué la possibilité de « ramener l’Iran à l’âge de pierre », formule assumant la destruction massive d’infrastructures. Appliquée à un pays disposant d’un patrimoine urbain dense et ancien, une telle logique implique mécaniquement des risques élevés pour des sites civils et culturels protégés par les conventions internationales.
Les règles du droit international humanitaire imposent pourtant la protection des biens culturels, sauf nécessité militaire impérative. La Convention de La Haye de 1954 et les engagements pris auprès de l’UNESCO visent précisément à éviter que des monuments historiques deviennent des dommages collatéraux. La dégradation d’un site classé, même indirecte, relance donc la question de la proportionnalité des frappes et des obligations des États impliqués.
Dans ce contexte, la destruction ou l’endommagement de lieux patrimoniaux ne constitue pas seulement une perte culturelle. Elle touche l’histoire matérielle d’un pays et alimente les accusations de stratégie de pression totale. L’idée de « ramener à l’âge de pierre » traduit une logique de guerre d’attrition visant l’ensemble des structures civiles. Il est permis de s’interroger sur une telle approche, qui expose des biens protégés et rapproche les opérations militaires d’un cadre où la qualification de crimes de guerre, voire de crimes contre l’humanité, est publiquement évoquée par plusieurs observateurs.