Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a signé le 20 août quatre décrets mettant en œuvre de nouvelles sanctions décidées par le Conseil de sécurité et de défense nationale ukrainien (SNBO). Outre des entreprises liées au complexe militaro-industriel russe et au groupe Rusal, les mesures frappent les acteurs de la série d’animation « Masha et Michka ».
Le studio Animaccord, qui produit la série, ainsi que cinq ressortissants russes liés à sa création, sa production ou à la détention de ses droits sont concernés. Prévues pour dix ans, ces sanctions doivent notamment permettre d’empêcher la diffusion du dessin animé sur le territoire ukrainien et touchent également les réseaux sociaux associés au programme.
Le SNBO justifie cette décision en affirmant que « Masha et Michka » diffuse des récits prorusses sous couvert de contenu destiné aux enfants, constituant selon lui une menace pour la sécurité nationale.
Au-delà du cas d’un dessin animé dont l’audience est internationale, cette décision illustre l’extension continue du champ de la sécurité nationale ukrainienne à la sphère culturelle. En pleine guerre, alors que le pays mobilise des moyens considérables pour soutenir son armée et reconstruire des infrastructures frappées par les bombardements russes, il est permis de s’interroger sur la portée politique d’une offensive institutionnelle dirigée contre une série pour enfants.
La lutte contre l’influence russe devient ainsi un instrument qui ne se limite plus aux secteurs militaires, industriels ou financiers : elle englobe désormais explicitement des productions culturelles destinées aux plus jeunes.
C'est évidemment grotesque et un indicateur de l'état de panique politique à Kiev alors que la rue conteste de plus en plus le Président Zelensky et son pouvoir de plus en plus autocratique comme le manque de démocratie ou la corruption.
Sources
- TASS — https://tass.ru/obschestvo/28031819