Des frappes aériennes menées par le Pakistan dans l’est de l’Afghanistan ont fait plusieurs dizaines de morts, selon les autorités talibanes afghanes, qui font état de victimes civiles. Le pouvoir de Kaboul a dénoncé des bombardements sur des zones habitées proches de la frontière et a accusé Islamabad d’avoir frappé le territoire afghan. Le Pakistan a, de son côté, indiqué avoir visé des positions liées à une faction des talibans pakistanais.
Selon l’Associated Press, des responsables afghans ont fait état de 36 morts civils et de nombreux blessés dans la province de Paktia, tandis que d’autres frappes ont aussi touché la province voisine de Kunar. Islamabad présente l’opération comme une action dirigée contre Jamaat-ul-Ahrar, groupe décrit comme une faction dissidente des talibans pakistanais. Les autorités pakistanaises lient cette séquence à la dégradation sécuritaire dans les régions frontalières.
Ces frappes s’inscrivent dans un contentieux récurrent entre les deux pays. Le Pakistan accuse régulièrement les autorités talibanes afghanes de laisser des groupes armés, en particulier le Tehreek-e-Taliban Pakistan, disposer de sanctuaires côté afghan. Kaboul rejette ces accusations et dénonce en retour des violations de sa souveraineté. Les tensions à la frontière ont déjà donné lieu à des échanges de tirs, à des opérations transfrontalières et à des représailles au cours des derniers mois.
L’ONU a déjà demandé l’ouverture d’une enquête après de précédents raids pakistanais sur le sol afghan, menés le 24 décembre 2024 dans la province de Paktika, où la mission des Nations unies en Afghanistan avait dit avoir reçu des informations crédibles faisant état de dizaines de civils tués. Cet épisode avait illustré l’enracinement de la crise entre Islamabad et Kaboul, malgré des tentatives de médiation et des phases d’accalmie temporaires.
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