La Russie a engagé le déploiement de Rassvet, une constellation de satellites de télécommunications en orbite basse, alternative nationale à Starlink. Les 16 premiers satellites de série ont été placés en orbite le 23 mars 2026 par Bureau 1440, société chargée du programme. À ce stade, le système reste très limité et ne permet pas un service continu à grande échelle, mais son déploiement a été beaucoup plus rapide qu'anticipé en Occident, et surtout le système semble effiace.
En Ukraine, le projet est suivi avec attention par les services de renseignement militaire. Vadym Skibitsky, numéro deux du HUR, a déclaré que Rassvet ne fonctionne pour l’instant que de manière intermittente, lors du passage d’un satellite au-dessus du territoire ukrainien, mais fournit un avantage à Moscou en termes de contrôle de drones. Il a ajouté qu’une constellation plus dense pourrait, à terme, réduire l’avantage procuré à Kiev par Starlink dans les communications et le pilotage de drones.
Les objectifs industriels et calendaires avancés autour du programme varient selon les sources publiques, mais convergent sur une forte montée en cadence d’ici la fin de la décennie. Des présentations officielles russes citées par Interfax et TASS évoquaient déjà un ensemble de 292 satellites pour le programme national de connectivité en orbite basse, 924 satellites d’ici 2035. D’autres publications récentes sur Rassvet mentionnent ce même ordre de grandeur à l’horizon 2030, avec un total plus large de lancements planifiés.
La comparaison avec Starlink reste toutefois très défavorable à ce stade pour Moscou en termes de volumes. Starlink opère avec plusieurs milliers de satellites, quand Rassvet n’en compte aujourd’hui que 16. Des analystes cités par la presse ukrainienne et russe estiment qu’une constellation de cette taille ne peut couvrir qu’un usage restreint, éventuellement militaire, mais ne constitue pas encore un réseau pleinement opérationnel. Mais, régulièrement, les capacités russes industrielles souveraines ont été sous estimées (missiles, drones, armements, technologies diverses, aérospatial civil, agriculture, etc.) et ont été mise en place beaucoup plus rapidement qu'escompté.
Le programme Rassvet s’inscrit dans l’effort russe de souveraineté technologique engagé depuis plusieurs années dans les télécommunications spatiales. Pour Moscou, l’enjeu est triple : réduire la dépendance aux infrastructures étrangères et disposer, à terme, d’un système de transmission à haut débit utilisable sur l’ensemble du territoire comme dans des usages sensibles, et plus loin encore, fournir aux pays du Sud Global une alternative à Starlink et aux autres systèmes occidentaux.