La campagne présidentielle n’a pas vraiment commencé. Comme dans le cyclisme sur piste, la course de vitesse commence souvent par un long sur place pour éviter de se retrouver trop vite en tête. Et, si nous filons la métaphore cycliste, nous sommes à l’évidence dans un long faux plat, dans lequel les enjeux ne sont pas posés, les candidats ne sont pas tous déclarés et surtout la cristallisation des choix n’est pas opérée.
Pour autant nous voyons apparaitre quelques lignes de forces. A tâtons, sans savoir comment, par essais-erreurs, jeux d’élimination et ajustements temporels, pression normative des groupes, de la famille et des milieux affinitaires, les français finiront par choisir une personne qui les représente. Ils hésitent et oscillent entre des demandes qui peuvent apparaître contradictoires dans ce que l'on peut considérer comme un « carré magique » : demandes d’écoute et de proximité, hauteur de vue et capacité à incarner un récit historique qui fait sens et rassure, besoin de rupture et de radicalité – tous les candidats parlent de renverser la table – et enfin exigence de cohérence et de sincérité.
Nous faisons le pari que le candidat qui saura capter ces demandes pourra rassembler les français au second tour. Pour l’instant chacun des candidats coche une ou deux cases du carré magique. Mais aucun ne semble se détacher. Les jeux sont loin d’être faits et ne confondons pas les intentions de vote d’aujourd’hui qui expriment les préférences du moment d’un électorat radicalisé, avec les votes finaux qui mobiliseront des électeurs dont le plus grand nombre reste à ce jour insatisfait du casting en présence.
Passons en revue les différentes fortes en présence. Aucune, on le verra, ne détient à ce jour les clés du succès. Une candidature alternative pourrait-elle surgir et bousculer la donne ? Elle devra alors faire tenir ensemble tous les éléments de notre carré magique.
Natacha Polony, dans un entretien récent à Nice-Matin, affirme que les français ne voudront ni de la nouvelle France de LFI, ni de la France identitaire du Rassemblement national. Ces deux partis cochent incontestablement la case radicalité de notre carré magique mais à l’évidence ne rassurent pas et s’inscrivent en rupture avec le récit républicain.
Read the full article
Sur Fréquence Populaire, il n’y a pas de mur payant (paywall) : tous nos articles sont accessibles gratuitement.
Nous vous demandons simplement de créer un compte gratuit avec votre adresse e-mail.
Cela nous permet de :
– vous prévenir de nos nouvelles enquêtes, émissions et articles,
– éviter la publicité et tout pistage intrusif,
– mieux comprendre combien de personnes nous lisent réellement.
Contribuer financièrement est facultatif : vous pouvez lire l’article sans payer. Mais si vous le pouvez, votre soutien nous aide à faire vivre un média libre et indépendant.
Créer un compte gratuit