Au Groenland, une offre de 200.000 dollars pour soutenir un rattachement aux États-Unis provoque une vive polémique

Le Premier ministre groenlandais Jens-Frederik Nielsen a dénoncé comme « indécente » l’initiative d’un Américain proposant 200.000 dollars à des habitants s’ils soutenaient une pétition en faveur d’un rattachement du Groenland aux États-Unis.

Au Groenland, une offre de 200.000 dollars pour soutenir un rattachement aux États-Unis provoque une vive polémique
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Le gouvernement du Groenland a publiquement condamné les démarches d’un ressortissant américain qui cherchait à faire signer, dans les rues de Nuuk, une pétition artisanale en faveur d’un rattachement de l’île aux États-Unis. Le 7 mai 2026, le Premier ministre Jens-Frederik Nielsen a qualifié cette initiative d’« indécente », après la diffusion de témoignages affirmant que l’homme promettait 200.000 dollars à des Groenlandais si le territoire rejoignait un jour les États-Unis. La police groenlandaise a confirmé avoir reçu des signalements sur cette affaire, sans annoncer à ce stade de poursuites publiques.

Selon les médias groenlandais, l’homme a depuis été identifié comme Clifford Edward Stanley, un Américain de 86 ans présent à Nuuk au cours des derniers jours. Dans le document qu’il faisait circuler, il était indiqué que chaque Groenlandais recevrait 200.000 dollars en cas d’intégration du territoire aux États-Unis. Des reportages de la radio-télévision publique KNR précisent toutefois que l’intéressé n’agissait pas au nom des autorités américaines et que l’ambassade des États-Unis au Danemark l’a présenté comme un individu opérant de sa propre initiative. KNR rapporte également qu’il évoquait depuis plusieurs mois différents avantages financiers destinés à rendre son projet plus attractif.

Cette séquence intervient dans un contexte politique particulièrement sensible autour du statut du Groenland. Territoire autonome du royaume du Danemark, l’île compte environ 56.000 habitants et dispose d’un gouvernement local renforcé depuis la loi d’autonomie de 2009. Jens-Frederik Nielsen, chef du parti Demokraatit, est à la tête du gouvernement groenlandais depuis le printemps 2025. Depuis plusieurs mois, les responsables groenlandais répètent que l’avenir institutionnel du territoire ne peut être décidé que par ses habitants et ses institutions, alors que l’idée d’un contrôle américain du Groenland a de nouveau alimenté le débat international.

L’affaire a pris une résonance particulière parce qu’elle touche à la fois à la souveraineté, à l’influence étrangère et à la vulnérabilité politique d’un territoire stratégique de l’Arctique. Le Groenland occupe une position centrale entre l’Amérique du Nord et l’Europe, dans une région marquée par des enjeux militaires, climatiques et miniers croissants. Toute initiative extérieure perçue comme une tentative d’orienter l’opinion locale sur un changement de statut suscite donc une attention immédiate de l’exécutif groenlandais et des autorités de sécurité.

À ce stade, les informations vérifiées ne permettent pas d’établir qu’une campagne structurée ou soutenue par une institution américaine soit à l’origine de cette opération. Les éléments disponibles décrivent plutôt une initiative individuelle, très médiatisée localement, mais prise au sérieux par les autorités en raison de son objet politique et des sommes avancées. L’épisode illustre néanmoins la nervosité persistante entourant la question groenlandaise, où chaque geste lié à une éventuelle influence étrangère est désormais scruté de près.

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