Aux frontières de l’UE, le contrôle biométrique de l'UE grippe le trafic aérien

Compagnies aériennes et aéroports européens réclament un assouplissement urgent du système d’entrée-sortie de l’UE, accusé de provoquer files d’attente, vols retardés et appareils partant à moitié vides en pleine montée du trafic estival.

Aux frontières de l’UE, le contrôle biométrique de l'UE grippe le trafic aérien
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Le nouveau système européen d’entrée-sortie, dit EES, tourne au point de friction pour le transport aérien. Entré progressivement en service le 12 octobre 2025 puis pleinement déployé le 10 avril 2026, il remplace le tampon sur le passeport par un enregistrement numérique des entrées et sorties des ressortissants de pays tiers, avec collecte d’image faciale et d’empreintes. L’outil est présenté par Bruxelles comme un instrument de contrôle modernisé ; sur le terrain, il ajoute une couche de contrainte à des aéroports déjà saturés.

Le 1er juillet, ACI Europe, Airlines for Europe et l’IATA ont demandé à Ursula von der Leyen une intervention immédiate. Les trois organisations disent constater, depuis la mise en service complète d’avril, des attentes pouvant atteindre cinq heures aux postes-frontières pendant les pics de trafic. Elles décrivent des retards, des correspondances manquées et des avions qui ferment leurs portes alors que des voyageurs restent coincés dans les files. Dès le 10 avril, jour du passage au régime complet, le secteur faisait déjà état de vols partis presque sans passagers et d’embarquement désorganisés. Ce désordre traduit une logique familière de l’Union : numériser, centraliser, imposer, puis laisser les services concrets absorber seuls le choc.

Les professionnels du secteur réclament la possibilité de suspendre partiellement ou totalement certaines obligations EES jusqu’à la fin octobre 2026, en particulier lors des pointes estivales. Ils mettent en cause trois facteurs cumulatifs : sous-effectifs chroniques aux contrôles frontaliers, difficultés techniques, notamment sur l’automatisation, et faible usage de l’application de pré-enregistrement portée par Frontex. En février déjà, ils avertissaient que les files pouvaient dépasser quatre heures si aucune marge de manœuvre n’était accordée. Derrière l’argument sécuritaire, il est permis de s’interroger sur une Europe qui multiplie les dispositifs sans garantir les moyens humains pour les faire fonctionner.

La Commission européenne maintient que l’EES est pleinement opérationnel et fonctionne correctement. Un porte-parole cité par ACI Europe attribue l’essentiel des longues attentes à des facteurs antérieurs au système, comme la concentration des vols sur certains créneaux, ainsi qu’aux infrastructures et aux effectifs relevant des États membres. Cette ligne de défense intervient alors que les aéroports européens doivent absorber environ 40 millions de passagers de plus que pendant la saison estivale précédente et que le réseau aérien continental se prépare à des journées de pointe proches de 37.500 vols. Quand la décision est européenne mais que la charge matérielle est renvoyée aux États, le partage des responsabilités ressemble surtout à un transfert des coûts et des dysfonctionnements.

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