Le tribunal judiciaire de Paris a rendu, le 13 avril 2026, son jugement dans l’affaire Lafarge, du nom du groupe cimentier poursuivi pour financement de groupes armés en Syrie entre 2012 et 2014.
Sept anciens responsables de l’entreprise ont été condamnés à des peines allant de 18 mois à sept ans d’emprisonnement. Parmi eux, l’ancien PDG Bruno Lafont a été condamné à six ans de prison ferme, avec incarcération immédiate.
Selon les éléments examinés à l’audience, l’entreprise aurait versé plusieurs millions d’euros à différents groupes armés afin de maintenir l’activité de sa cimenterie située en Syrie, dans un contexte de guerre civile. Ces versements auraient notamment bénéficié à des organisations classées terroristes, dont le groupe État islamique.
L’enquête a mis en lumière des arrangements financiers et logistiques visant à permettre la poursuite de l’exploitation du site industriel malgré la dégradation de la situation sécuritaire. Les dirigeants poursuivis étaient jugés pour avoir validé ou laissé se poursuivre ces pratiques.
Le parquet avait requis jusqu’à huit ans d’emprisonnement contre certains prévenus, dont six ans contre Bruno Lafont. Le tribunal a prononcé des peines globalement en ligne avec ces réquisitions, tout en les modulant selon le degré d’implication des différents responsables.