Il y a des séries qui durent et des séries qui comptent. Il y a des séries qu'on regarde et des séries qu'on reçoit. The Pitt (raccourci entre « la fosse » en anglais et Pittsburgh où se déroule l’action) appartient à la seconde catégorie, celle des œuvres qui font mal proprement, qui installent une douleur utile, nette comme un diagnostic. Depuis Urgences, on attendait ça. Depuis Urgences, on n'avait pas eu ça.
Urgences s'est terminée en 2009. Quinze ans de vide comblé par des séries où des médecins bronzés s'embrassent dans des couloirs aseptisés pendant que leurs patients meurent d'ennui. L'époque a eu besoin que ses hôpitaux ressemblent à des clubs de vacances. The Pitt remet justement les pendules à l’heure et clôt définitivement cette époque, comme avait pu le faire, côté français, la très réussie Hippocrate (Canal +).
Grey's Anatomy a duré vingt saisons, exploit considérable qui prouve que l'humanité peut survivre indéfiniment à sa propre vacuité pour peu qu'on lui fournisse des pommettes saillantes et une bande-son branchouille. La médecine comme prétexte à la libido. On avait oublié ce que c'était qu'un couloir d'urgences vrai : le bruit, la lumière froide, la fatigue accumulée et les valises sous les yeux, comme une dette qu'on ne rembourse jamais. The Pitt s'en souvient à notre place.
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