Léonard de Vinci et la Joconde. Le tableau d’une vie

Aujourd’hui, Léonard de Vinci a 574 ans… privilèges des génies, ils sont immortels. Mais difficile à célébrer tant il y aurait à dire. Alors tranchons. De tout ce qu’il a créé, une œuvre s’impose à l’évidence : La Joconde. Non parce qu’elle est la plus célèbre, mais parce qu’elle est la plus grande.

Léonard de Vinci et la Joconde. Le tableau d’une vie
La Joconde de Léonard de Vinci exposée temporairement dans la Galerie Médicis, Musée du Louvre
0%
« Ouvrez les yeux, Ô admirables Mortels ! »
Léonard de Vinci

Le 15 avril 1452, dans un hameau toscan nommé Anchiano, près du bourg de Vinci, naît un enfant illégitime. Sa mère, Caterina di Meo Lippi, est une jeune paysanne. Son père, ser Piero da Vinci, est notaire, de bonne famille, et n’épousera pas Caterina. L’enfant grandit d’abord chez ses grands-parents paternels, puis rejoint la maison de son père à Florence. Il s’appelle Leonardo di ser Piero da Vinci, dit Léonard de Vinci, et l’histoire retiendra son nom comme celui du génie le plus total que l’humanité ait jamais reconnu.

Ce jugement, formulé en des termes comparables par des esprits aussi différents que Giorgio Vasari, le premier grand historien de l’art de la Renaissance, au XVIe siècle, le père de la psychanalyse Sigmund Freud au XXe ou, plus récemment, Walter Isaacson, tient à une singularité que ses biographes peinent encore à expliquer. Car Léonard n’a pas seulement excellé dans plusieurs domaines à la fois, ce qui serait déjà remarquable, il a poussé chacun de ces domaines jusqu’à ses limites les plus avancées et, souvent, bien au-delà de son temps. Peintre, dessinateur, sculpteur, architecte, urbaniste, ingénieur militaire, hydraulicien, anatomiste, botaniste, géologue, musicien, philosophe et écrivain, il a laissé plus de 6000 feuillets de notes et de dessins dont certains, restés incompris jusqu’au XIXe siècle, esquissaient les principes du sous-marin, de l’hélicoptère, du char d’assaut ou encore de la machine volante.

Planche de dessin d’un système hydraulique imaginé par Léonard, 1480-1482, Codex Atlanticus

Il entre vers l’âge de 14 ans dans l’atelier d’Andrea del Verrocchio, l’un des maîtres les plus réputés de Florence, où il côtoie Botticelli, le Pérugin et Ghirlandaio. Dès ses premières années d’apprentissage, il se distingue à tel point que son maître, selon une légende rapportée par Vasari, aurait renoncé à peindre après avoir découvert l’ange que son jeune élève avait ajouté au Baptême du Christ. En 1482, Léonard quitte Florence pour Milan, où il s’installe au service de Ludovic Sforza, dit le More. Il a trente ans. C’est là qu’il deviendra cet uomo universale qui, tout en menant ses recherches sur l’anatomie, l’hydraulique, l’optique et la mécanique, peindra La Dame à l’hermineLa Belle Ferronnière, et surtout La Cène, la fresque murale du couvent Santa Maria delle Grazie qui reste l’une des compositions les plus puissantes et les plus imitées de toute la peinture occidentale.

L’Ultima Cena (« Le Dernier Repas ») de Léonard de Vinci, réalisée de 1495 à 1498, couvent Santa Maria delle Grazie

Pourtant, aussi prodigieux que soit l’ensemble de son œuvre scientifique et artistique, force est de constater que lorsque l’on pense à Léonard de Vinci, on pense avant tout à un tableau. Kenneth Clark, l’un des meilleurs historiens de l’art du XXe siècle, allait jusqu’à dire, dans un de ses articles, que La Joconde lui apparaissait comme « une déesse sous-marine». L’évocation est étrange, mais elle dit bien l’impression d’une présence qui échappe aux catégories habituelles, à la fois proche et infiniment lointaine, humaine et surnaturelle. La Joconde est l’œuvre dans laquelle Léonard a mis le plus de lui-même, celle qu’il a conservée jusqu’à sa mort, la retouchant sans cesse, comme s’il ne pouvait s’en séparer ni la considérer terminée. Un testament artistique et intellectuel.

Read the full article

Sur Fréquence Populaire, il n’y a pas de mur payant (paywall) : tous nos articles sont accessibles gratuitement.

Nous vous demandons simplement de créer un compte gratuit avec votre adresse e-mail. Cela nous permet de :
– vous prévenir de nos nouvelles enquêtes, émissions et articles,
– éviter la publicité et tout pistage intrusif,
– mieux comprendre combien de personnes nous lisent réellement.

Contribuer financièrement est facultatif : vous pouvez lire l’article sans payer. Mais si vous le pouvez, votre soutien nous aide à faire vivre un média libre et indépendant.

Créer un compte gratuit
Vous avez déjà un compte ? Se connecter
Want to help fund this work? Discover ways to support us .

Qu'avez-vous pensé de cet article ?

🎧

Version audio

Écoutez cet article en audio pour plus d'accessibilité

Inscription réussie !

Connexion réussie, bon retour !

Merci ! Votre soutien à Fréquence Populaire a bien été enregistré.

Succès ! Vérifiez vos emails pour obtenir votre lien magique.

Vos informations de facturation ont bien été mises à jour.

La mise à jour de votre facturation a échoué.